Le Fichier Amepi s’inspire du MLS américain, mais c’est quoi au juste ?

8 décembre 2017

Reprenant un concept américain qui a depuis longtemps fait ses preuves dans le secteur de l’immobilier, le fichier Amepi est un outil avant-gardiste en France.

Techniquement, le MLS (Multi Service Listing) est un fichier informatique sur lequel les professionnels partagent leurs informations. Outil sur lequel ils diffusent les biens en vente ou en location et sur lequel d’autres professionnels, représentent des potentiels acquéreurs, cherchent des biens. C’est une place de marché immobilieres pour la profession. Reprenant ce concept américain, le fichier Amepi est né en 2004.

 

On pourrait imaginer que le MLS est né de la révolution digitale, de l’économie collaborative ou de la big DATA : absolument pas.

Le modèle a vu le jour aux Etats Unis à l’époque de la conquête de l’Ouest à la fin des années 1800 ! Les négociateurs immobiliers se rassemblaient alors localement afin de partager des informations sur les biens en vente. Si un négociateur parvenait à vendre le bien d’un confrère, alors celui-ci obtenait une compensation financière. Simple non ?

Le modèle se basait sur l’idée « aide moi à vendre mes biens et je t’aiderai à vendre les tiens » c’était la conquête du far-ouest et pourtant ces cow-boys et néanmoins confrères, ont rangé les Colts 45 et ont réussi à ne pas se faire la guerre pour créer une corporation.  

Quelques années plus tard, précisément en 1908, « the National Association of Real Estate » (organisation qui deviendra plus tard « the National Association of Realtors® ») approuva l'utilisation de ce système pour tous les agents. Il s’ensuivit un grand succès puis un système qui évolua étape par étape pour arriver à celui que l’on connaît actuellement.

 

Aux Etats-Unis, pionniers du MLS, ce fichier rassemble aujourd’hui l’ensemble des annonces immobilières américaines, que ce soit les biens en vente ou en location.

Ce fichier est exclusivement réservé aux professionnels de l’immobilier, il faut être reconnu comme tel par l’administration et payer une cotisation pour accéder aux MLS décomposé en 700 bases de données régionales. Un agent n’est pas pour autant cloisonné à son état et s’il souhaite élargir l’offre ou le secteur pour ses clients, il a la possibilité d’adhérer à d’autres MLS en payant l’abonnement ad hoc.

Partage d’informations sur les biens mais pas uniquement, c’est aussi un système qui permet la traçabilité des mandats pour le partage des honoraires entre l’agent représentant l’acquéreur et celui représentant le vendeur.

 

Comment expliquer un tel succès ?

L’environnement législatif y est pour beaucoup car la vente sous mandat exclusif est obligatoire Outre-Atlantique et il est d’usage de faire appel à un professionnel : 99% des transactions immobilières passent par un professionnel.

Même si tous les professionnels ont accès à la même banque de données, chacun traite ces informations différemment et propose à ses clients un service personnalisé : à eux de se distinguer ! Le marketing, la communication et le relationnel font toute la différence. La culture est très différente et la fidélisation des clients, le bouche à oreille et toutes les techniques relationnelles sont mises en œuvre au service du business.

 

Le Fichier Amepi est-il un MLS national ?

La démarche est similaire dans la philosophie, fédérer des professionnels qui ont compris la nécessité de développer une coopération pour faciliter les transactions immobilières. Inspiré par le succès du concept américain qui a depuis longtemps fait ses preuves, le Fichier Amepi est conçu sur une démarche associative nationale et locale.

Les avantages sont les mêmes :

  • Permettre aux agents immobiliers de mieux maîtriser leur portefeuille et leur marché ;
  • Permettre aux acheteurs de bénéficier d’un catalogue plus riche au juste prix ;
  • Permettre aux vendeurs de bénéficier d’un effet de réseau local avec un seul interlocuteur et de vendre plus vite.

 

Un modèle qui fait des émules au niveau mondial :

Au Canada, Le MLS est un système coopératif regroupant + de 98 000 membres issus de la « Canadian Real Estate Association » (CREA) à travers 11 associations territoriales. Chaque propriété en vente doit être inscrite à un fichier. Un site Internet est accessible au particulier pour consulter des offres de biens. Si un bien l’intéresse, il est alors orienté vers un agent membre de l’association.

En Amérique centrale, au Costa Rica, le MLS officiel est régi par la CCCBR (chambre des courtiers immobiliers du Costa Rica), unique organisme officiel qui représente l’industrie de l’immobilier au gouvernement. C’est aussi cet organisme qui définit les règles et le guide d’éthique pour les professionnels de l’immobilier.

En Inde, le modèle MLS a vu le jour fin 2015 avec le lancement d’une plateforme permettant à tous les acteurs agréés du secteur immobilier (promoteurs, constructeurs courtiers, agence, agents immobiliers) de partager leurs biens sur ce réseau pour une plus large visibilité.

En Israël, Le MLS est apparu dans la région de Jérusalem depuis 1990. Désormais disponible pour l’ensemble du territoire israélien, le MLS est géré par une société privée.

Aux Philippines, l’association des professionnels de l’immobilier exploite le PAREB MLS, un Multi Listing Service qui permet l’échange d’informations en temps réel entre adhérents.

Au Vietnam, le MLS a débuté en 2010. Il est basé sur le modèle américain mais prend en compte quelques spécificités du marché local.

En Australie, il n’existe pas de fichier MLS global. En revanche, une compagnie privée nommée « Investorist » propose un fichier MLS spécialement conçu pour les propriétés vendues sur plan.

En république tchèque,  les professionnels du secteur coopèrent via un MLS nommé « IMMO2 » qui est également utilisé dans quelques pays limitrophes.

En Italie, il existe de nombreux MLS, il est possible de choisir entre un logiciel permettant aux agences de partager leurs propriétés entre eux ou de diffuser leurs annonces sur le web.

Au Royaume-Uni, il existe plusieurs systèmes MLS qui connectent les professionnels entre eux. INEA, Lonres ou encore AgentHub.com sont des exemples de sites avec des fonctionnalités similaires aux homologues américains.

 

Un succès universel ?

En tout cas il ne montre aucun signe de fatigue dans tous les pays qui l’ont mis en place. En France le Fichier Amepi grossit d’année en année, les agences membres générant plus de 84.000 euros de business additionnel (en moyenne) ont bien compris l’intérêt. Parce qu’après tout, avant d’être un outil de collaboration c’est avant tout un puissant outil business.

La conquête de l'Ouest est terminée, la conquête client recommence chaque jour.